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WINDTALKERS

WINDTALKERS, de John Woo,
avec Nicolas Cage et Christian Slater (2002)

De tous les talents importes a Hollywood de Hong-Kong et de Chine continentale, John Woo est incontestablement celui qui y est le plus solidement ancre, si ce n'est meme le seul (si l'on considere que Jackie Chan n'a pas vraiment émigré a Hollywood, celui-ci partageant son temps entre Hong-Kong et la Californie, ce qui quelque part est une nouvelle preuve de son talent, pour ne pas dire de son genie).

Pourtant, malgre les succes en termes de billetterie de Face/Off (1997) et de Mission : Impossible 2 (2000), la carriere hollywoodienne de John Woo a jusque-la plutot decu ceux qui ont appris a l'apprecier a travers ses films hong-kongais.
Les raisons a cela ? Elles sont sans doute multiples. Probablement parce que, prisonnier des contraintes d'un systeme, John Woo n'a pas encore eu les coudees franches pour exprimer sa vision du film d'action. Peut-etre aussi parce que le realisateur chinois ne parvient veritablement a briller que lorsqu'il est entoure de certains collaborateurs restes a Hong-Kong, a l'instar de ces joueurs de football qui ne sont jamais aussi bons qu'avec les coequipiers au milieu desquels ils sont devenus des stars. Ou encore plus simplement, mais aussi plus inquietant, John Woo n'aurait-il plus rien a dire ? Apres nous avoir livre son ultime version du film de gangsters avec Hard-boiled (1992), son dernier film avant de rejoindre la capitale mondiale du cinema, le cineaste hong-kongais n'etait-il plus desormais condamne qu'a se repeter encore et toujours, demontrant ainsi les limites de son talent et de son imagination ?
A toutes ces interrogations, Windtalkers apporte quelques elements de reponse. Car en s'attaquant au film de guerre, John Woo a toute la legitimite necessaire pour laisser libre cours a ses inspirations les plus folles. S'il lui en reste.

L'histoire ? Durant la Seconde Guerre Mondiale, l'armee americaine met au point un code secret pour ses operations dans le Pacifique. Ce code repose sur le langage des Indiens Navajo. Quelques uns d'entre eux sont donc enroles pour les transmissions radio sur les champs de bataille.
Windtalkers relate donc l'epopee de deux d'entre eux au sein d'une division de Marines lors de la conquete de l'ile de Saipan. Pour leur protection, ou plutot celle du code, ils sont chacun affubles d'un ange gardien (Nicolas Cage et Christian Slater). Ces anges gardiens doivent absolument proteger la vie de ces Navajo. Mais s'il existe un quelconque risque que leur Navajo tombe entre les mains des Japonais, alors l'ange gardien doit se transformer en ange exterminateur: il faut proteger le code a tout prix.

Certes, les scenes de bataille de Windtalkers sont spectaculaires (c'est un John Woo) et horrifiques (c'est un film de guerre) a la fois. Fusils d'assaut, mitrailleuses, grenades, mortiers, chars, obusiers de campagne, avions.Rien ne manque pour fidelement reconstituer la Guerre du Pacifique. Tous les elements sont reunis pour que le realisateur s'en donne a coeur joie, et ce dernier ne s'en prive pas. On a meme droit a de nombreuses scenes de combats au corps-a-corps, si caracteristiques de la guerre dans le Pacifique : impitoyablement et sauvagement, on s'y entretue avec des baionnettes bien sur, mais aussi avec des katanas (sabres de samourai), des couteaux Bowie (oui, comme le chanteur, en fait, c'est le contraire), et des coutelas indiens. Ici, on a droit en quelque sorte a une version moderne du wu xia pian. Car n'oublions pas que John Woo est un ancien assistant et un grand admirateur de feu Chang Cheh (qui nous a quittes deux jours après la sortie americaine du film), le maitre du wu xia pian.

D'autre part, et il fallait s'y attendre avec un tel sujet, Windtalkers aborde de nombreux themes lies aux rapports humains, certains de ces themes etant indissociables du cinema de John Woo. On pense bien evidemment a l'amitie virile (que l'on retrouve souvent aussi chez.Chang Cheh) ; bien sur, celle qui se developpe inevitablement au cours du film entre le Navajo et son protecteur, et qui suit un cours different selon le couple. Mais il s'agit egalement de cette tres forte camaraderie presente entre les soldats en temps de guerre. Paradoxe de la guerre, pour autant que les soldats peuvent faire preuve de barbarie envers l'ennemi, cela ne les empeche pourtant pas de risquer leur vie pour sauver celle de leurs copains.
Cependant, malgre la presence de tous ces elements qui temoignent de la griffe John Woo, Windtalkers peche par son manque de credibilite et d'originalite.
Abusant des effets pyrotechniques, John Woo donne a ses bombardements des airs de feux d'artifice: on se croirait Place de la Concorde un soir de 14 juillet ! Soldats sans visage et visiblement pas tres doues, les Japonais ne font que de la figuration et tombent comme des mouches face aux tirs americains. La realite de la Guerre du Pacifique etait tout autre.Incarnant un super-soldat qui fait des cartons aussi facilement qu'a la foire, Nicolas Cage ne fait sans doute illusion qu'aux yeux de John Woo. Mais que peut donc trouver celui-ci a cet acteur qui affiche des airs de chien battu ? Etre neveu de Coppola, ca doit aider.Et puis, on nous dit que Windtalkers est inspire de faits reels. Inspire est le mot qui sans doute convient le mieux. Car a voir le role que jouent les Navajo dans le film, on se demande vraiment quelle peut bien etre leur utilite. Si l'existence d'un tel code et de tels militaires fut bien reelle, ce n'etait probablement pas pour les fins montrees dans le film.
En racontant l'histoire d'Indiens (minorite sans doute la plus meprisee aujourd'hui encore aux Etats-Unis) au sein de l'armee americaine, John Woo doit bien evidemment aborder le sujet du racisme. Mais il le traite de facon on-ne-peut-plus simple et stereotypee, usant et abusant de clichés et autres lieux communs. Comme a la parade, on se retrouve donc en presence d'un personnage de raciste qui peu a peu, au contact de l'autre, revise son jugement. D'une facon generale, le discours et la morale de Windtalkers ne volent pas bien haut. Autre personnage mille fois déjà vu et ennuyant a souhait: l'infirmiere amoureuse de son soldat blesse (ben voyons !). Mais le comble est atteint lorsque John Woo nous sert des scenes qui rappellent inmanquablement The Killer (1988) ou Hard-boiled : clins d'oeil un peu trop appuyes ou, plus vraisemblablement, manque cruel d'inspiration ?
Meme pas original non plus dans le pseudo-realisme de sa violence (Spielberg avec son Saving Private Ryan (1998) l'avait deja fait), ce film, vaguement spectaculaire, n'apporte rien a l'oeuvre de John Woo, comme d'ailleurs tous les films americains de ce dernier. Commercialement non plus, ce n'est pas tres reussi : Windtalkers n'a termine que troisieme au box-office lors de son premier week-end de sortie aux Etats-Unis, avec ses petits 14,5 millions $ (a titre de comparaison, Spider-Man, lui, en a realise 115), soit presque deux fois moins que le deuxieme (The Bourne Identity avec Matt Damon), loin, tres loin derriere le boiteux Scooby-Doo.

Article de Danguyen


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