Arts Martiaux - art martial

Cung LE,
héros de toute 
une communauté

Les plus jeunes, intimidés (surtout les filles), osent à peine lui demander un autographe. A côté, leurs mères le regardent, pleines de fierté et d’admiration. Leurs pères se tiennent quelque peu en retrait. Ils agitent l’ancien drapeau du Sud-Vietnam (jaune à trois bandes rouges), et scandent son nom : “Cung Le! Cung Le!”. Celui-ci, arborant ce même drapeau sur les épaules, s’exécute et signe ce que l’on lui tend, avec simplicité et amabilité.

En effet, pour eux comme pour beaucoup au sein de la nombreuse communauté vietnamienne aux États-Unis, Cung Le est un véritable héros. Mais sa notoriété actuelle a depuis longtemps dépasse le cadre de cette communauté. En tant que No.1 incontesté du sanshou, il est admire et respecte par l’ensemble du milieu des arts martiaux américains. Inside Kung Fu l’a élu en 1999 “Competiteur de l’Année”. Black Belt (le plus important magazine d’arts martiaux au monde) l’a qualifie au début de cette année de “Plus Grand Combattant de Sanshou”. Et l’édition japonaise de Black Belt ainsi que le quotidien le San Francisco Chronicle lui ont également consacré un article.

Pour ceux peu familiers avec le sanshou, rappelons qu’il s’agit de la version “combat total” du kung fu, crée a la fin des années 70. Toute la panoplie des arts martiaux chinois est autorisée : coups de poings, de pieds, mais également projections. Les coups peuvent être portes au-dessus (tête incluse) ou en dessous de la ceinture. Les compétiteurs s’affrontent sur une estrade (en amateur) ou sur un ring (en professionnel). Et alors que seules les mains sont protégées lors des combats professionnel, le port d’un casque et d’un plastron est requis pour les combats amateur. Et bien sur, le KO est autorise, et même recherché.

C’est en 1975 que Cung Le, alors âgé de trois ans, fuit le Vietnam en compagniede sa mère Anne, quelques jours seulement avant la chute de Saigon. Arrive aux États-Unis, il s’installe bientôt a San Jose (aujourd’hui deuxième ville vietnamienne aux États-Unis après Los Angeles) ou il vit depuis lors.

Mais c’est en fait relativement tardivement, en 1992 (il a alors 20 ans), que Cung Le débute véritablement les arts martiaux, étudiant le taekwondo (il décroche sa ceinture noire deux ans plus tard) et un art traditionnel vietnamien. Très vite, Cung Le excelle lors des compétitions a points de taekwondo, remportant tous les tournois locaux.Mais le caractère aléatoire, voire injuste, des décisions arbitrales finissent rapidement par le frustrer.


C’est alors que, en 1994, Cung Le reçoit une invitation a combattre en Alabama dans le cadre de l’U.S. Open de sanshou. Et il comprend des lors qu’il est fait pour le sanshou. En plus d‘autoriser le KO (d’ou moins de décisions arbitrales litigieuses), le sanshou permet a Cung Le d’utiliser toute sa panoplie de techniques (alors que le taekwondo n’autorise que les techniques de jambes). Cette première expérience avec le sanshou se solde par le gain de ce tournoi. C’est le début d’une longue série de victoires.

La même année, il remporte le championnat national américain de sanshou, titre qu’il décroche a nouveau en 1995, 1996, et 1997. Parallèlement, il conserve son titre a l’U.S. Open en 1995 et en 1996. En 1997, alors qu’il est d’ores et déjà un phénomène du sanshou, Cung Le décide de passer professionnel (tous ses combats précédents étant jusque-la amateur). Désormais, il n’affronte (devant les cameras de la télévision) qu’un seul adversaire par manifestation.

Ses grands débuts ont lieu a Orlando, en pay-per-view. Pour cette occasion, il défait Jason Yee. L’année suivante, lors du Drakka a Los Angeles, il met KO en 52 secondes le Japonais Manaro Taro d’un coup de pied circulaire a la tempe. Toujours la même année, il decroche le titre (professionnel) mondial ISKA (International Sport Kickboxing Association) de sanshou en lourds-legers (Cung Le fait 1,78 m pour 81 kg) face a Dan Garret, d’un coup du tibia gauche dans les cotes au cours du troisième round. Il s’agit la du premier combat dispute par Cung Le pour la chaîne ESPN (la chaîne américaine du sport), avec laquelle il est depuis sous contrat.

1998 est également l’année ou il remporte le championnat américain de shidokan (forme extreme de karaté), battant en finale le grand Arne Soldwedel (aujourd’hui Directeur International du Karaté Seidokaikan) par KO lors de la septième reprise. En 1999, il conserve son titre mondial ISKA.

Mais cette année restera surtout dans la carrière de Cung Le comme celle durant laquelle il aura livre un de ses plus grands combats : un sommet dans sa carrière !

L’action se déroule a Hawaii, devant 6 000 spectateurs, pour un évènement appelé “China vs. USA”. Lorsque vient le tour de Cung Le de combattre, les États-Unis ont deja perdu les deux premiers combats. Il doit affronter un certain Naushenguerile dont les 84 victoires (pour seulement deux défaites) lui ont valu le surnom de “Roi de Mongolie”. Au cours de ce combat, Cung Le déploie tout son arsenal technique. Le combat est rude, impitoyable. Les deux adversaires se rendent coup pour coup. Mais c’est Cung Le qui a le dessus. Finalement, au troisième round, Cung Le place un de ces ciseaux dont il a le secret. Son adversaire ne s’en relèvera pas (victoire par KO technique).

Car ce qui fait de Cung Le un champion d’exception, ce sont ses incroyables dextérité et versatilité techniques. Il est très certainement a l’heure actuelle le combattant debout le plus complet qui soit. En effet, si ses coups de pied circulaires et autres coups de pied retournes allient a la perfection puissance et technique, sa boxe est étonnamment bonne, probablement grâce a son entraîneur Jivoni Jordan (Cung Le est aussi entraîne par Shawn Liu, authentique disciple de Shaolin), ce qui est remarquable pour un ancien pratiquant de taekwondo. A ces techniques de percussion, il faut ajouter une gamme complète de projections et de balayages qui rend son style de combat si varie et si spectaculaire.

C’est d’abord au lycée, puis a l’université, que Cung Le s’adonne a la lutte greco-romaine (sport phare de l’éducation américaine, au même titre que le basketball ou le football américain). Il remporte quelques titres au niveau de l’état de Californie, et remporte même une quatrième place lors d’une compétition nationale. Mais s’il y a une technique qui a largement contribue à la renommée et a la popularité de Cung Le, c’est bien la technique du ciseaux.
Cette technique consiste a faire chuter l’adversaire en lui sautant d’abord dessus, puis en plaçant une jambe en travers de son abdomen et une jambe derrière ses cuisses (les deux adversaires chutent ensemble).

La facilite et le naturel avec lesquels Cung Le combine toutes ces techniques de percussion et de projection en font un combattant exceptionnel pour les spectateurs et un adversaire totalement imprévisible pour ses adversaires.

Avec en amateur et en professionnel, 38 victoires (dont 26 par KO) et seulement 2 défaites (en sanshou professionnel uniquement, il compte 12 victoires pour aucune défaite), Cung Le possède le plus beau palmarès que le sanshou ait jamais connu. Il ne manque a ce palmarès qu’un seul titre majeur, celui de champion du monde amateur de sanshou. Une véritable frustration pour Cung Le. En effet, pour ses trois tentatives en 1995 a Baltimore, en 1997 a Rome, et en 1999 a Hong-Kong, lors des Championnats du Monde de Wushu, il ne décroche a chaque fois “que” le médaille de bronze, en raison d’une blessure ou d’une gastro-entérite.

Toujours est-il qu’actuellement, le phénomène Cung Le a largement dépasse les frontières du sanshou (qu’il a d’ailleurs énormément contribué a populariser). En l’an 2 000, le K-1 USA, la version américaine du plus prestigieux tournoi de kickboxing au monde, l’invite pour un combat en superfight face a Mohammed Akida. Le combat a lieu a Las Vegas, devant un parterre de célébrités. Cung Le l’emporte, par décision unanime des juges.

Ses exploits sur le ring lui ont permis de devenir un entrepreneur accompli. A la tête de deux écoles, l’une a San Jose, l’autre a Santa Clara, il encadre l’entraînement de plus 500 élèves, dont la majorité vient pour le cardiokickboxing (gymnastique hybride d’aérobic et d’arts martiaux qui fait actuellement fureur aux États-Unis). Il a également sorti des cassettes d’instruction, pour le sanshou et pour le cardiokickboxing. Enfin, il a sorti la gamme UsH ! Gear qui propose tenues, protections et matériel d’entraînement pour le sanshou.

En dépit de son jeune age et de sa relative courte carrière, Cung Le fait d’ores et déjà partie des légendes des arts martiaux américains, au même titre que les mythiques Bill Wallace ou Benny Urquidez. Frank Shamrock, champion de l’Ultimate Fighting Championship et sans doute le grappler (combattant au sol) américain le plus technique, ne cache pas son admiration et son respect pour Cung Le. Tous deux d’ailleurs s’entraînent régulièrement ensemble, habitant la même ville de San Jose. Quant a Chuck Norris, il l’invite a tourner un épisode de Walker, Texas Ranger au debut de l’annee 2001.

En effet, après sa carrière sportive, le cinéma constitue pour Cung Le le prochain objectif. Amateur (on s’en serait doute) de films d’arts martiaux, il espère pouvoir un jour marcher sur les traces de Jackie Chan et de Jet Li. Il se pourrait même que cette reconversion se fasse plus tôt que prévu, l’industrie cinématographique étant beaucoup lucrative que le sanshou. Et c’est un aspect non négligeable pour ce nouveau pere de famille depuis l’an 2000. Cung Le a d’ailleurs déjà tourne dans son premier film (pour une compagnie indépendante), intitule Edge of Darkness, dans lequel il joue le rôle du méchant.

Mais qu’il décide de continuer (il est actuellement à 29 ans au sommet de sa condition physique) le sanshou ou d’arrêter pour faire du cinéma, Cung Le continuera très certainement (et souhaitons-le pour de nombreuses années encore) à porter haut les couleurs de sa communauté.

Danguyen

Remerciements : M.Santos Jr. (agent de Cung Le) et Cung Le pour leurs aimables soutiens et coopérations

 


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